Création | Kabuki-kabuku

Concept, mise en scène, chorégraphie, danse | Shimehiro Nishikawa

Création sonore | André Dion        

Création vidéo | Tristan Alexandre

 

Diffusion : 

Journée Nationale d'Eléctroacoustique | CRR d'Amiens, Amiens, 2012

Festival Son Miré Narbonne, 2011                                                

Concept 

       L’origine directe du nihon-buyô pourrait remonter à la danse kabuki-odori qu’une prêtresse Okuni initia de manière novatrice en 1603.

   Effectivement, le terme kabuki est dérivé d’un verbe kabuku désignant alors un comportement extravagant, provocateur, et le kabuki était, au moment de sa naissance, une anti-thèse du nô qui était devenu un art officiel du gouvernement shogunal.

    Néanmoins, de nos jours, le kabuki s’est fixé, conservé dans le cadre d’une ‘tradition’ construite au fil des siècles. 

       Ce projet propose une ‘anti-thèse’ du kabuki, figé dans une répétition du passé, c’est-à-dire de créer un kabuki du kabuki, le double kabuki ; kabuki-kabuku.

 

 Inspiré par le mythe Dôjôji

 

Une jeune fille, Kiyohime, avait pris au sérieux les paroles de son père qui, par plaisanterie, lui avait dit que le moine Anchin qui venait passer la nuit chez elle chaque année pour faire son pèlerinage lui était promis.

Surpris par Kiyohime qui le presse de la prendre pour épouse, Anchin s’enfuit à la faveur de la nuit. Mais Kiyohime le poursuivit de toute son ardeur et après avoir traversé la rivière Hidakagawa, qui était extraordinairement gonflée, elle se rendit au temple Dôjôji, brûla la grande cloche ainsi qu’Anchin qui s’y était caché (928).

La légende rapporte qu’elle sechangea en un serpent venimeux en raison de la violence de sa passion..

 

La restauration d'une cloche

   En 1359, la cloche devait être restaurée, et lors de son inauguration, une danseuse-prêtresse apparut et bouleversa la cérémonie. On dit qu’elle était un fantôme de Kiyôhime, qui se transforma en serpent et fit descendre la cloche de force.

 

 

     Cet incident a été adapté dans la pièce du théâtre nô "Dôjôji" (vers 1500), qui a donné ensuite la grande série du répertoire de la danse de kabuki à laquelle appartient  "Kyôganoko-musume-dôjôji" (1752), qui est un des chefs d’oeuvre de la danse kabuki.

 

 Roman et cinéma

         Par ailleurs, ce conte a inspiré à Akinari Uéda les Contes de pluie et de lune (1768), qui ont été adaptés au cinéma par Kenji Mizoguchi (Contes de la lune vague après la pluie, 1953), et aussi par Yukio Mishima dans la nouvelle Dôjôji (1956).

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