Mitsumen-komori (jeune nourrice avec les trois masques)  

Première (1829) avec l’acteur du kabuki, Segawa Kikunojô V

   On dit que l'acteur qui a dansé la première, Segawa Kikunojô V, un homme très grand et costaud, n’était pas très apprécié par les gens de l'époque, parce qu'il ne saluait pas les gens, et que son caractère était peu sympatique. Mais lorqu’il a dansé cette pièce sur scène, il s’est tranformé en une petite fille si adorable que les gens n’ont pas pu s’empêcher de l’applaudir.

   À l'époque d'Edo, il existait un travail appelé "komori (jeune nourrice) " pour s’occuper des bébés. Beaucoup de fillettes d'environ 10 ans venaient des zones rurales pour travailler comme gardes de bébés. C’est parce qu’à la campagne, il y avait souvent trop d'enfants à nourrir, les enfants étaient envoyés travailler à la capitale Edo. Toutes jeunes, elles étaient séparées de leur famille pour travailler dur, mais dès qu’elles finissaient leur travail, elles s’amusaient en jouant avec les autres enfants comme dans cette pièce.     

   A l’ouverture de la pièce, une nourrice portant un bébé rentre d’une fête de sanctuaire avec un souvenir de cette fête, qui sont trois petits masques attachés à une branche. Elle court et tombe sur une pierre. Elle a mal au genou mais, bravache, elle se dit "ca ne me fait pas mal !’. Mais le bébé se met à pleurer. Alors elle essaie de le bercer avec le jouet, en dansant et chantant. Elle veut coucher aussitôt le bébé pour s’amuser avec la balle. En vain, le bébé se remet de pleurer. Alors pour le consoler, elle commence à lui jouer une petite scène avec des masques...

  Okame danse avec une clochette pour la fête du shintô. Alors Ebisu, le dieu de la pêche et du commerce prospère, apparaît tout en bonne humeur, en buvant du saké. Ivre, il lui dit : « je suis bien un bel homme séduisant! ». Okame lui dit : « Tiens, Ebisu ! Ca fait longtemps, j’attendais ta visite avec impatience ! ». Et elle sort le miroir et lui dit, « Ecoute-moi, ma mère m’a dit qu’elle va trouver quelqu’un qui m’épouse, oh je suis génée... ». Elle lui dit ça exprès, parce qu’Ebisu la fait attendre depuis longtemps pour une demande en mariage.

   En apprenant cette nouvelle, Ebisu se met en colère : « Quoi !? Tu épouses quelqu’un en me laissant tomber ? Ca alors ! Toi, avec un visage si joufflu, mets-toi ici, mets-toi ici ! » , en la saisissant au collet. Okame se défend, « Arrête-toi, lache-moi ! ». Ainsi les deux se disputent violemment. 

   A cet instant, le clown Hyottoko apparaît. Envieux du couple, Hyottoko est aussi tombé amoureux d’une fille, à qui il offre un cadeau. Il la supplie de ne pas s’en aller. Pendant la nuit, en cachette, il se rend au temple pour prier le dieu qui porte chance pour une rencontre. Mais il voit quelque chose... le serpent ou un fantôme Ca lui fait peur. Il fait une offrande en argent en priant pour que son amour se réalise.

   La jeune nourrice se dit, « Tiens, maintenant, je vais jouer à cache-cache, et au chat et à la souris dans la ruelle ! » et elle prend le bébé en pleur, et court pour réjoindre ses amis...   

Photo : Suzuki Yoshinao & David Dubart 

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